Les thèmes de la Transition intérieure

Ces onze thèmes témoignent de l’ampleur et de la richesse de la Transition intérieure. 

1. Bien-être et besoins humains

Le lieu de rencontre entre la transition intérieure et l’économie.

De nombreuses personnes, au sein et au-delà du mouvement transition, explorent des façons de créer une culture et une économie favorisant la joie et le bien-être plutôt que le profit. Ils cherchent à intégrer ces valeurs dans les indicateurs et les politiques.

Pour en savoir plus, consultez notre page « REconomie ». 

2. Prévenir et éviter l’épuisement, préserver l’équilibre

Co-créer une culture favorisant le soin de soi et du groupe.

Aborder l’épuisement est un thème cher à la Transition intérieure. Il s’agit de trouver le juste milieu entre l’action et le repos, entre donner et recevoir, entre l’activité et l’immobilisme. Sans cet équilibre, nous pouvons nous épuiser ou perdre espoir. 

Cultiver la présence à soi et la pleine conscience peut nous aider à nous détacher progressivement de la tendance à réagir à une situation plutôt que d’écouter les messages que nous envoie notre corps à propos de nos besoins. Si nous prêtons attention à ces indications intérieures précieuses, nous pouvons répondre aux signaux d’alerte précoces de fatigue et/ ou de stress et prendre les mesures appropriées.

On parle de présence à soi lorsqu’on se reconnecte à son observateur intérieur, élargissant ainsi le champs de son expérience et favorisant des choix plus conscients, moins dépendants de nos conditionnements culturels, de nos habitudes, de nos tendances addictives et de nos réactions émotionnelles habituelles. 

 

Prendre du temps dans la nature, s’ancrer dans notre corps, pratiquer la pleine conscience sont autant d’expériences qui peuvent nous aider à prévenir l’épuisement ou à nous en relever.

3. Se soutenir les uns les autres

Développer le soutien mutuel et rendre accessible un soutien extérieur structuré pour nous-même et pour nos groupes.

Trop souvent, nous avons le sentiment de faire cavalier seul, même lorsque nous faisons partie d’un groupe car nous avons, dans une large mesure, oublié comment collaborer. La Transition intérieure nous rappelle la nécessité de nourrir une culture de soutien favorisant les relations et l’entraide mutuelle. Elle nous apprend à créer les conditions nécessaires pour valoriser et développer nos talents, pour reconnaître et soutenir les autres.

Exemples de pratiques de support : 

  • Le mentorat (professionnel ou par les pairs) : il s’agit de prendre du temps avec une personne expérimentée ou avec un pair qui comprend le territoire des processus inconscients, pour nous aider à développer notre conscience de soi quand les pratiques personnelles ne sont pas ou plus suffisantes. 
  • Auto-organisation de soutien du groupe
  • Temps facilité par une personne ou une organisation extérieur(e) : ateliers, formations, méditation de conflits, régulation de groupes… Il peut être riche et utile d’inviter une personne extérieure au groupe, afin d’offrir à celui-ci un cadre sécurisé et d’animer des processus permettant à ses membres d’exprimer et de partager des émotions telles que le désespoir, la peur, la douleur, la colère, la douleur, la tristesse (par exemple des cercles de partage, le travail qui relie, …).

Découvrez le projet de mise en place d’un réseau professionnel de soutien des transitionneurs. 

4. Célébrer, cultiver la gratitude et la reconnaissance mutuelle 

Une dimension importante et pourtant si souvent négligeé dans notre culture !

La Transition intérieure nous rappelle l’importance de créer des espace-temps pour célébrer nos échecs et nos réussites. Si nous restons centrés en permanence sur la tâche, pris dans un sentiment d’urgence, nous risquons de négliger l’importance du rôle que jouent la célébration et la reconnaissance mutuelle dans la création d’une culture de groupe saine, régénérante et nourrissante pour nous, nos groupes et nos projets.

Pour en savoir plus, consultez notre page « Faire le point et célébrer ».

5. Groupes en bonne santé 

Nous sommes dans le même bateau, apprenons à bien coopérer.

Les groupes sains et efficaces reconnaissent volontiers que s’éloigner du modèle hiérarchique et réapprendre à véritablement collaborer nécessite du temps, des efforts et un certain niveau d’engagement.

Les groupes qui fonctionnent le mieux passent au moins autant de temps à nourrir et entretenir des relations de confiance et leurs processus qu’à être véritablement dans l’action.

L’une des clés pour développer une culture de groupe saine est d’identifier, de cultiver et d’intégrer des moyens de renforcer les liens, la confiance et un sentiment de sécurité et de reconnaissance dans le groupe et entre ses membres. 

Pour en savoir plus, consultez notre page « Groupe sain ».

6. Trouver la paix dans le conflit

Apprendre à bien répondre au conflit.

La Transition intérieure nous invite à explorer pourquoi un conflit surgit et à cultiver notre capacité à nous sentir en paix avec toute forme d’émotion qu’il provoque en nous. 

Le conflit fait partie de la vie, il est même nécessaire. Quand il est sain, il démontre que les membres du groupe :

  • ont dépassé la première phase d’évolution d’un groupe humain, où chacun est souvent prudent et très courtois ; 
  • éprouvent la force de points de vue différents ; 
  • sont capables de se sentir en paix avec eux-mêmes et avec les autres, même quand les avis différent.

Les conflits peuvent aussi prendre beaucoup de temps, ils peuvent créer des blocages, épuiser et ultimement détruire l’objectif, l’énergie voire l’existence du groupe. 

Les groupes qui traversent bien les conflits sont généralement ceux qui : 

  • ont passé du temps à réfléchir à la manière de travailler ensemble (y compris à la manière de gérer les conflits, avant qu’ils ne surviennent). Cela peut inclure des accords écrits au sein du groupe, même si c’est évidemment la pratique qui importe le plus ; 
  • veillent à rappeler aux personnes responsables du conflit les accords qui ont été passés ; 
  • comptent un ou plusieurs membre(s) ayant une expertise en communication et en résolution de conflits, y compris lorsque des émotions fortes surgissent (il s’agit d’une expertise technique, au même titre que le maraîchage ou l’agriculture bio !). 

Chaque groupe a sa propre culture, mais si nous ne sommes pas particulièrement attentifs à mettre en place de bonnes pratiques autour de le gestion des conflits, une fois que nous y serons confrontés, nous risquons d’employer « la manière par défaut » pour le régler. Celle-ci consistant le plus souvent à favoriser la voix la plus forte tandis que celle des plus calmes, de ceux qui ont moins d’influence ou des nouveaux arrivés n’est pas entendue, à moins d’exprimer leur désaccord de manière douloureuse. 

Voici quelques suggestions intéressantes permettant d’éviter les conflits :

  • Si vous n’êtes pas satisfait de quelque chose, considérez qu’il est tout à fait acceptable d’en parler aux autres. Cependant, faites-le avec l’intention d’obtenir du soutien pour aborder le problème directement avec la personne concernée. Et si quelqu’un vous parle d’une autre personne, utilisez la conversation pour les aider à régler le problème en direct. Les commérages peuvent s’avérer utiles s’ils sont considérés de cette façon !
  • N’envoyez pas d’emails ou d’écrits pour soulever ou répondre à des questions délicates. Organisez une rencontre en personne (ou par téléphone, Skype). Si vous êtes nerveux, voyez si vous pouvez trouver une personne tierce qui accepte d’être présente pour vous permettre de préserver votre espace. 
  • Passez du temps dans votre groupe à parler de la façon dont vous souhaitez traiter les désaccords. Qui a des compétences pour faciliter les situations difficiles? Qui connaissez-vous en dehors du groupe qui pourrait aider ? Quelle formation pourrait être utile? 

Les conflits et leur résolution sont un vaste sujet. De nombreuses ressources sont disponibles pour les individus et les groupes. Une bonne expérience de résolution de conflit peut être transformatrice. Les expériences douloureuses peuvent laisser des traces à long terme. Si vous ne possédez pas les compétences pour y faire face, demandez de l’aide. Le plus tôt le mieux!

Des modèles utiles existent telles que les constellations, le Process Work ou la communication non-violente. Laissez-vous inspirer !

7. Différence, diversité, pouvoir et inclusion

Co-créer une transition juste, équitable et inclusive.

Si nous voulons travailler ensemble pour créer une transition juste, il est essentiel que nous nous attardions sur les notions de pouvoir, de privilège et de rang, et que nous comprenions pourquoi elles sont si sensibles

Nous tâchons de trouver des façons saines de travailler avec elles, en tant qu’individus et groupes. Nous explorons pour cela des enseignements (souvent basés sur des pratiques indigènes) aidant à développer des cultures de travail qui ne sont pas basées sur des systèmes de pouvoir.

Découvrez les 7 ingrédients pour une transition juste, équitable et inclusive. 

8. Comprendre le changement

Développer notre compréhension des conditions et des processus soutenant le changement positif. 

La Transition intérieure nous parle de la manière dont le changement se produit. Elle a vu le jour en 2006, lors du lancement d’un groupe de psychologie du changement à Totnes, en Angleterre. Celui-ci a ensuite inspiré le Transition Network et le mouvement de la transition de manière générale. 

S’informer sur les différentes théories et modèles du changement nous aide à prendre conscience de la façon dont nous faisons l’expérience de celui-ci. Cela nous permet ensuite d’identifier les moyens les plus efficaces d’activer le changement en nous, avec nos relations, nos groupes, nos communautés et en tant qu’espèce. 

La Transition intérieure s’intéresse au rôle de la culture dans l’accélération et le soutien du changement et s’interroge : comment pouvons-nous concevoir et co-créer une culture favorisant le soin de soi et du groupe, qui soutienne une transition vers un monde auquel notre cœur aspire?

9. Se connecter à la Nature

Retrouver notre juste place dans le monde.

Le cœur de la Transition intérieure est de passer d’une vision du monde basée sur l’homme comme gestionnaire (séparé) d’une Nature-objet (anthropocentrisme) à une vision d’interdépendance et d’interconnexion avec la Nature, dont l’homme fait partie (biocentrisme). Dans cette optique, elle propose de (ré-)explorer notre lien avec le règne des « autres qu’humains », comme une source à laquelle nous nourrir mais aussi une source de guérison et de sagesse. Cette reconnexion inclut l’apprentissage des traditions indigènes basées sur la nature, allant des simples célébrations aux pratiques chamaniques.

La Nature nous aide à comprendre les dimensions psychologiques du cycle vie-mort-vie (renaissance). Elle met en lumière notre tendance habituelle à nous attacher à une prétendue immuabilité des choses et notre tendance à résister à la mort et au lâcher-prise. Par exemple, sommes-nous capables de laisser nos projets ou nos groupes, nos rôles ou les aspects de notre identité arriver à une fin naturelle ? 

Ressources : 

Découvrez la formation en écopsychologie co-organisée par le Réseau Transition

Découvrez les ateliers de Travail qui relie de Terr’Eveille`

10. Danser avec les ombres et l’inconscient

Reconnaître et commencer à guérir nos blessures.

Travailler sur les ombres et/ ou travailler avec le matériel inconscient peut nous aider à comprendre « pourquoi de bonnes personnes font de mauvaises choses » (James Hollis). Enfants, nous avons tous reçu des messages de nos parents, de nos proches, de nos enseignants et d’autres adultes à propos de ce qui nous permettrait ou non de combler nos besoins de base et de nous sentir aimés. Si jeunes, nous étions très vulnérables et complètement dépendants des autres pour rencontrer nos besoins vitaux. En réponse à cela, nous avons développé des « croyances fondamentales » à propos des comportements et des manières d’être et de ressentir qui nous attireraient de l’amour. A partir de là, nous avons développé des stratégies de survie pour nous éviter la douleur de ne pas être aimés. 

C’est cette stratégie d’évitement de la douleur et la peur que nos besoins de base ne soient pas remplis qui se trouvent au cœur de la relation destructrice de l’être humain avec la Terre, les autres et lui-même. 

Dans notre quête pour éviter cette douleur de ne pas être aimés, nous agissons en permanence d’une manière dont, en tant qu’enfant, nous croyions qu’elle pouvait nous protéger. Pour la plupart d’entre nous, la stratégie de survie la plus néfaste est celle qui consiste à être tout le temps occupés et dans notre mental, afin de nous éviter de ressentir. Le plus triste est que, dans cet évitement, nous en sommes aussi venus à nous éviter nous-mêmes de ressentir les profondeurs de la joie, de l’amour, de la gratitude et de la reconnaissance qui sont à notre disposition à chaque moment. 

Si nous apprenons à connaître et à comprendre les croyances fondamentales et les stratégies de survie que nous avons développées en tant qu’enfants, nous serons en mesure de les dissocier de la manière dont nous choisissons d’agir au quotidien. Nous apprendrons comment cultiver la compassion, construire une relation avec notre « critique intérieur », ressentir, nous incarner et transformer nos émotions. 

11. Spiritualité

Lier les traditions et pratiques spirituelles aux thèmes de la transition

Beaucoup de gens explorent leurs valeurs profondes, la morale et l’éthique, la recherche de sens, que ce soit dans le cadre de leur processus de transition, au travers d’une tradition spirituelle particulière ou au travers de divers enseignements spirituels ou de pratiques comme la pleine conscience. Certaines approches permettent d’aider les individus à aligner davantage leurs comportements sur leurs valeurs fondamentales.

Que l’on soit croyant ou non, il est intéressant de constater que la plupart des religions évoquent et soutiennent des qualités telles que l’amour, la confiance, la compassion, le non-jugement, la générosité, l’interconnexion etc.

Comment les enseignements du Christianisme/ de l’Islam/ du Bouddhisme/ d’autres religions ou de courants spirituels laïques guident-ils à être ensemble, avec nos communautés, ou avec le monde naturel ? Avez-vous déjà observé l’activisme social comme un élément central d’une pratique d’une forme de foi (par exemple le Bouddhisme Engagé) ? Sur quels enseignements spirituels librement choisis, pourrions-nous nous appuyer pour développer notre résilience personnelle, notre bien-être, des relations harmonieuses et créer des communautés en bonne santé ?

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