
Cette année, Superlocal rejoint le Mois sans supermarché pendant tout le mois d’avril. Une jonction inédite — et une invitation très concrète.
Et si… on redécouvrait les alternatives alimentaires et économiques qui foisonnent à deux pas de chez nous ?
Mois sans supermarché : un défi qui a du goût
Avril est arrivé, et avec lui revient le Mois sans supermarché. En clair : 30 jours pour oser un pas de côté — ou renforcer celui qu’on a déjà fait. Pas un boycott. Pas une privation. Plutôt une invitation à ouvrir d’autres portes : celles d’une coopérative, d’un groupement d’achat, d’un marché de productrices et producteurs, d’une épicerie de quartier…
Et cette année, un nouvel ingrédient entre dans la recette. Superlocal, la campagne portée par Financité et le réseau des monnaies locales, rejoint officiellement le mouvement. Le Mois sans supermarché est initié depuis 2024 par Oxfam Magasin du monde, le Collectif 5C et ConsomAction. La proposition de Superlocal ? Simple et percutante : et si, en plus de consommer local, on payait local ?
Onze monnaies locales et citoyennes répondent à l’appel. De l’Épi lorrain en Gaume à la Zinne à Bruxelles, en passant par le Carol’Or à Charleroi et le Solatoi à Ath. Ensemble, elles irriguent des dizaines de communes et près de 1 200 commerces engagés en Wallonie et à Bruxelles.
Un défi gourmand, collectif, et profondément en phase avec ce que la Transition porte depuis toujours. Autrement dit : cultiver la résilience de nos territoires en relocalisant nos économies et en renforçant nos liens.
Ce qu’on met dans notre assiette raconte nos choix collectifs
Dans le mouvement de la Transition, l’alimentation n’est pas un sujet parmi d’autres — c’est un levier fondamental. Derrière ce qu’on mange se cachent des choix collectifs : soutenir une agriculture qui respecte le vivant et la biodiversité, rémunérer justement celles et ceux qui nous nourrissent, réduire l’empreinte écologique de nos repas en favorisant le circuit court, renforcer les liens entre voisines et voisins.
Photo de produits locaux vendus chez Ekikrok.
Consommer local, c’est bien plus qu’une question de kilomètres. C’est tisser des relations directes et justes entre les personnes qui produisent, celles qui vendent et celles qui mangent. C’est aussi reprendre un peu de pouvoir sur ce qui se passe dans nos assiettes et dans nos territoires.
Les monnaies locales poussent cette logique encore plus loin. Pourquoi ? Car elles garantissent que chaque unité de monnaie locale dépensée reste dans l’économie réelle du territoire concerné. Ainsi, il circule entre actrices et acteurs locaux engagés, et ne s’évapore pas dans des circuits financiers lointains.
Les monnaies locales ne sont pas les seules à mettre les petits plats dans les grands. La bonne nouvelle ? La table est mise, il y a de la place pour tout le monde, et elle est plus garnie qu’on ne l’imagine.
Des alternatives qui ont déjà pris racine
Sur notre carte des initiatives de transition, 74 collectifs proposent des alternatives alimentaires concrètes en Wallonie et à Bruxelles. Et derrière ce chiffre, il y a des lieux, des visages, des rendez-vous.
Des exemples concrets ? À Bossière, Ekikrok — membre de notre Fédération — fait tourner une épicerie de produits locaux et durables avec près de 450 références, et cultive un jardin-potager en permaculture grâce à l’énergie d’équipes de bénévoles. À Tournai, La Pépinière est un tiers-lieu de transition qui abrite potagers collectifs en libre service et grainothèque, au cœur de la Ceinture Alimentaire Wallonie-Picarde. Et partout en Wallonie et à Bruxelles, des groupements d’achat, des AMAP, des ateliers culinaires, des fours à pain communautaires tissent ce même fil. Leur objectif : rapprocher celles et ceux qui cultivent de celles et ceux qui mangent.
Carte des alternatives alimentaires et économiques en Wallonie et à Bruxelles.
La carte recense aussi les monnaies locales de chaque territoire — une façon complémentaire de soutenir l’économie locale au quotidien.
Ces alternatives ne naissent pas en avril — elles vivent toute l’année. Mais Superlocal avec le Mois sans supermarché est une belle occasion de pousser leur porte pour la première fois. Ou d’y revenir.
📅 SAVE THE DATE → Dimanche 14 juin 2026
Dans le cadre de notre projet européen CASTOR, nous partons à la rencontre de la Ceinture Alimentaire Wallonie-Picarde et de La Pépinière. Une journée d’inspiration autour de la souveraineté alimentaire locale, côté belge et côté français.
Financité et 11 monnaies locales en action
Derrière Superlocal, il y a Financité, qui coordonne la campagne et rassemble les monnaies citoyennes en Belgique francophone. Leur message est clair : consommer local, ce n’est pas se restreindre — c’est s’ouvrir à d’autres possibles. Les monnaies locales y jouent d’ailleurs un rôle de catalyseur. En effet, plusieurs d’entre elles sont déjà acceptées chez les coopératives partenaires du Collectif 5C et dans certains magasins du monde Oxfam.
Photos des monnaies locales et citoyennes de Corol’Or et Solatoi.
Parmi les onze monnaies locales partenaires, deux sont portées par des membres de notre Fédération. Le Solatoi, à Ath, circule depuis 2018 — une monnaie qui a même fait venir Rob Hopkins en mars 2019 pour souffler sa première bougie. La commune y croit au point d’avoir distribué 110 000 solatois lors de son plan de relance Covid. Dernière avancée en date : depuis mai 2024, les solatois se déclinent aussi en version électronique, les sol@ires.
Le Carol’Or, dans le pays de Charleroi et de la Haute Sambre, a connu une accélération spectaculaire pendant la crise du Covid. C’est d’ailleurs un schéma classique : en période de crise, les monnaies locales révèlent toute leur pertinence. Durant cette période, la Ville a offert 20 Carol’Or à chaque habitante et habitant, et près de 4 millions d’euros ont été réinjectés dans l’économie locale.
De l’Épi lorrain — la toute première monnaie locale belge, née dès 2012 en Gaume — à la Zinne à Bruxelles, chaque territoire adapte sa recette.
💚 Financité, le Solatoi (via Ath en Transition) et le Carol’Or sont membres de la Fédération des Initiatives et Projets de Transition.
Avril en mode Superlocal : les rendez-vous à ne pas manquer
Participer au défi d’avril, ce n’est pas seulement changer ses habitudes d’achat — c’est aussi apprendre, échanger et s’amuser. Tout au long du mois, le Mois sans supermarché proposent de nombreuses activités partout en Belgique, avec des défis quotidiens et des rencontres avec des productrices et producteurs locaux.
Parmi ces rendez-vous, trois activités à organiser vous attendent, avec Superlocal : « C’est local, c’est bon ? » pour démêler le vrai du faux sur la consommation locale. Ensuite, « Le Paradoxe de l’abondance » — une lecture collective du roman graphique d’Hugo Clément qui questionne notre modèle alimentaire. Enfin, le « Défi label » pour apprendre à lire entre les lignes des étiquettes.
Ces animations sont pensées pour être reprises facilement : en famille, entre voisins, dans un collectif, une école, une commune. Financité met à disposition les supports pédagogiques et accompagne les personnes volontaires pour les organiser.
Il ne vous reste plus qu’à trouver l’activité qui vous parle !


À vous de jouer avec Superlocal
Potagers collectifs, épiceries coopératives, groupements d’achat, monnaies locales… En somme, les alternatives ne manquent pas. Ce qui manque parfois, c’est juste de savoir qu’elles existent — et qu’elles sont souvent plus proches qu’on ne le croit.
On pousse la porte d’un groupement d’achat, on y rencontre quelqu’un qui parle d’un potager collectif, on y croise une affiche sur Superlocal… L’écosystème local se dévoile progressivement par le lien humain — et c’est souvent comme ça que ça commence.
Alors, qu’est-ce qui mijote de bon par chez vous ?
→ Financité — la finance responsable et solidaire
→ Solatoi — la monnaie locale d’Ath et du Pays Vert
→ Carol’Or — la monnaie citoyenne du pays de Charleroi & de la Haute Sambre
→ Ekikrok — épicerie et jardin-potager à Bossière
→ La Pépinière — tiers-lieu de transition à Tournai
Sources des chiffres : Superlocal (2024) pour le nombre de commerces partenaires, Le Labo de l’ESS et Télésambre pour l’historique Carol’Or, Solatoi pour les données Solatoi.









