Effondrement, Déclin, Survivalisme… Transition

Vincent Vincent Wattelet, membre fondateur de Liège en Transition, est également actif sur les thématiques de transition intérieure au sein de l’équipe de support du Réseau. Il nous propose aujourd’hui son éclairage sur une manière de continuer à agir positivement alors que les questions d’effondrement sont de plus en plus présentes.

Depuis quelques temps, nourrie notamment par la parution du livre de Pablo Servigne et Raphaël Stevens « Comment tout peut s’effondrer », la thématique de l’effondrement est plus présente chez les transitionnaires. Elle peut soulever de nombreuses questions :

  • Peut-on vraiment cultiver la vision positive tout en regardant l’effondrement plus que probable en face ?
  • Est-il encore temps de créer des alternatives alimentaires si le climat change tellement qu’on ne peut plus rien faire pousser ? Et si les tempêtes emportaient les éoliennes ?
  • Doit-on prendre du temps à semer des graines collectives et locales ou s’enfuir dans une région potentiellement préservée (laquelle ?) et se mettre au survivalisme ?
  • Apprendre à cultiver ou apprendre à se défendre ? Ou encore à se détendre ?
  • Passer du temps le soir et le week-end à créer dans des collectifs ou passer le plus de temps possible avec sa famille ?

Nous sommes nombreuses et nombreux à nous poser ces questions… La Transition est avant tout un chemin, un processus, une voie… qui nous invite à naviguer dans l’incertitude, à croire qu’un résultat est possible tout en acceptant qu’il est peu probable. Facile à dire, à lire, à écrire… mais à intégrer ? Suis-je vraiment prêt à faire tout ça… pour rien ???

MonteFalco

Personnellement, je réponds oui. Le rien n’existe pas. Je me pose souvent la question et la réponse est toujours la même, oui. Et sans doute plus que jamais. Pour de nombreuses raisons :

  • J’adore la Transition: c’est dur mais c’est le pied.
  • Si on y arrive, ça va vraiment être bon de marcher sur ce monde.
  • Si on n’essaye pas, forcément…
  • Je ne pourrais plus faire autre chose en sachant ce que je sais et en sentant ce que je sens.
  • Au pire, si de toute façon on est sauvé par une technologie miracle (sans ironie, on peut réellement être étonné) ou par un revirement mondial, on aura simplement créé un meilleur monde.
  • Que ce soit l’effondrement, la Transition douce ou le maintien, est-ce vraiment une perte de temps…
    • D’expérimenter le vivre ensemble et la coopération ?
    • De réapprendre à cultiver, à conserver, à …. ?
    • De se reconnecter à la nature, aux autres humains, à soi ?
    • De se relier à ses voisins ?
    • D’agir en conscience ?
  • Quand on y pense réellement…
    • Si c’est la merde partout, autant avoir créé des liens puissants de solidarité.
    • Si c’est la merde partout, autant savoir cultiver un peu la terre.
    • Si c’est la merde partout, autant s’y préparer dans le plaisir et en groupe que de se morfondre seul chez soi.
    • Si c’est la merde partout, je pourrai regarder ma fille dans les yeux et lui dire « Papa a essayé, et c’était une incroyable aventure humaine ».

Je crois tout a fait possible d’être réellement lucide tout en veillant à garder le cœur ouvert à la surprise. De cultiver l’espoir actif, d’en faire un choix. Je pense que nous ne sommes pas des êtres binaires, devant faire des choix duels… nous sommes à l’image du vivant, complexes, incroyablement adaptatifs, créatifs, reliés, paradoxaux.

Quand on y pense réellement, ce que nous vivons n’a pas une grande importance à l’échelle du temps ou de l’espace. Quand on y pense, ce que nous vivons a une incroyable importance dans la maturation de notre espèce. Quand on y pense, on touche à l’éternelle question… : « Peut-on vivre en sachant que nous mourrons un jour ? »

Je choisis d’être lucide, de me préparer à l’effondrement autant qu’au non effondrement. Je choisis de ne pas me replier mais de me relier. Je choisis de vivre en regardant la mort en face. La Transition, d’où qu’on la vive est une des plus belles expériences humaines que nous pouvons choisir. Et si elle fonctionne… nous aurons l’immense fierté d’y avoir contribué.


Paysage


Puisque vous êtes ici…

…nous avons une faveur à vous demander. Il n’y a jamais eu autant de monde à s’impliquer dans le mouvement de la Transition en Belgique et à travers le monde, mais il est pourtant de plus en plus difficile de financer nos missions de base : favoriser l’émergence et le déploiement de la Transition à travers des formations, du support, des événements, des témoignages…

Si toutes les personnes qui sont impliquée ou lisent et apprécient les contenus sur notre site contribuent financièrement, l’action du Réseau Transition sera pérennisée et renforcée. Même pour 5 €, vous pouvez soutenir la Transition - et cela ne prend qu’une minute. Merci !

Print Friendly, PDF & Email

6 thoughts on “Effondrement, Déclin, Survivalisme… Transition

  • 16 décembre 2015 at 12:43
    Permalink

    Merci pour ce beau article inspirant Vincent! Bise, Antonia

    Reply
  • 18 décembre 2015 at 21:36
    Permalink

    Super merci Vincent de ce partage. Tu m’inspires mais ma note est différente, je suis si peu contemplatif, si actif, il me faut vaincre, me battre et vaincre, je n’ai pas envie de juste participer, je veux gagner ou faire partie des gagnants. Ça me met dans une difficile pression mais pour arriver à tenir debout, en première approche, j’ai vraiment besoin de voir un chemin vers la réussite. Je le vois, c’est dur, très dur, pas le chemin mais le fait qu’il soit en lame de rasoir, un pas de côté et on tombe, ça me stresse et me fout la pression. Alors pour diminuer cette pression, arriver à vivre, à respirer un peu, « je n’ai pas le choix », il faut que je sorte la grosse Berta, l’arme absolue, on ne peut plus se battre à moitié, là c’est bon, j’ai décidé de sortir l’arme qui a fait plier l’empire le plus puissant de tous les temps, car je veux gagner et les lots de consolation à la « pari de Pascal » ça ne me suffit pas, c’est décidé, je me mets à la non-violence. « Sois le changement que tu veux voir dans le monde ».

    Reply
  • 20 décembre 2015 at 18:40
    Permalink

    Comme j’ai déjà pensé un peu à la question je me permets de laisser ici un petit mot.

    Tout d’abord que le climat évolue de telle manière qu’ici on ne puisse plus rien faire pousser, cela m’étonnerait! Avec les chgts climatiques prévus, en Belgique, on arriverait plutôt à faire pousser plus de choses. Cela dit, dans certains pays du Sud, la question risque bel et bien de se poser. De plus, une rupture alimentaire des villes pourrait se produire dans le pire des scénarios.

    Et ce qui m’ennuie surtout dans le livre de Pablo, c’est qu’il fait sienne la possibilité d’effondrements, mais ne propose quasiment rien pour y faire face, dans une optique de prévention. En développant bien sûr les potagers urbains et les ceintures alimentaires autour des villes, mais on peut aussi penser à l’aide de la technologie (sans pour autant en faire la panacée comme certains!), avec par ex. des bateaux avec des voiles solaires qui transporteraient des denrées alimentaires, d’autant plus que toutes nos villes sont traversées par d’importantes voies d’eau… Voilà pour la question la plus critique, car internet, par ex., on pourrait très bien s’en passer… et retrouver par la même occasion du temps pour la convivialité!

    Reply
  • 9 janvier 2016 at 14:57
    Permalink

    Merci Vincente!

    Tes mots résonnent en moi et tout autour….dans la forêt du Jura qui s’étend juste derrière moi…

    Continuez comme ca Réseau transition..vous êtes si beau!

    Reply
  • 17 août 2019 at 14:27
    Permalink

    Survivalisme et permaculture en région de Mettet (Wallonie/Belgique). Si intéressé d’échanges et partages, nous contacter via humanitude@hotmail.com

    Reply

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.