« Créer une économie résiliente », un article dans Le Soir du 12/11/2013

Josué applique son message à la lettre en cultivant ses légumes et en se déplaçant à vélo quand il le peut. © DOMINIQUE DUCHESNES.
Josué applique son message à la lettre en cultivant ses légumes et en se déplaçant à vélo quand il le peut. © DOMINIQUE DUCHESNES.

Cet article est extrait du journal Le Soir du 12 novembre 2013. Si vous participez à une initiative de transition, vous aurez compris que si Josué consacre son temps et sa passion à favoriser le développement des initiatives de transition (formations, ateliers, conférences…), il n’est pas « à la tête » du mouvement des Villes en Transition » à Bruxelles et en Wallonie, mais plutôt au service de leur dynamique. Nous reproduisons ici l’article de Frédéric Delepierre avec son autorisation.

PORTRAIT
La maison d’Irchonwelz est en chantier. Sur la table de Josué, des carreaux de carrelage.
« Je suis à la recherche d’enduit, lance le père de famille. Du bio, bien entendu. » S’il a emménagé dans cette bâtisse à rénover avec femme et enfants, Josué, c’est notamment pour une raison qui correspond à ses aspirations.
« Nous avons un grand jardin dans lequel nous allons pouvoir cultiver un potager bio en famille. » L’une des lignes de conduite que s’impose ce psychologue de formation, à la tête du mouvement des « Villes en Transition », à Bruxelles et en Wallonie, qui donne aussi des formations à l’étranger.
« Le mouvement des Villes en Transition est né en 2006, dans le village de Totnes, en Grande-Bretagne, en réaction à la flambée des prix pétroliers et à la raréfaction des ressources naturelles. L’ambition des adhérents est d’amener la population en douceur dans le monde de l’après-pétrole. Quartier par quartier. Le but est notamment d’expliquer aux gens comment se passer d’énergie fossile en ayant un impact sur l’effet de serre. »

Changer de vie

Pas de militantisme : « Il est trop souvent culpabilisant. On y oppose les gens au lieu de construire une alternative, dit Josué. Chez nous, à Ath, comme ailleurs, nous démarchons des gens de profils, d’âges et de formations différents. Nous leur demandons quelles seraient, selon eux, les initiatives qui pourraient réduire la consommation d’énergie. Nous les informons sur les enjeux lors de soirées thématiques. A eux ensuite de développer des projets au travers de groupes locaux, de quartiers. Pas question pour nous de jouer les leaders, les gourous. Le but est aussi de retisser des liens. »
Pas question pour les Villes en Transition d’opérations coup de poing. La « révolution » doit se faire en douceur. « Nous recherchons les petites actions qui auront le plus grand résultat, explique Josué Dusoulier. Nous favorisons la création de potagers collectifs, de bourses d’échange de savoirs, d’ateliers de permaculture et des groupes d’achats solidaires. » Ath a aussi son Repair’ Café ouvert une fois par mois. « Chacun peut y venir
pour y faire réparer gratuitement ses semelles de chaussures, ses jouets ou son vélo. Pourquoi jeter ce qui peut être réparé ?
». Sur le même principe, une donnerie est organisée trois fois par de ce dont on n’a plus besoin : vaisselle, livres, vêtements, DVD.

« A l’heure de la surconsommation, nous voulons montrer qu’une autre économie est possible, une économie résiliente, reprend Josué. Un peu partout, nous constatons d’ailleurs que des adhérents se prennent au jeu. Ils veulent quitter leur activité professionnelle pour créer leur propre projet d’économie locale. A Ath, une épicerie s’ouvre cette semaine et ne vendra que des produits locaux. A Liège, les “transitioners” veulent bâtir une ceinture alimentaire autour de la ville, pour relocaliser les maraîchers. A Grez-Doiceau, ils veulent créer une coopérative qui va construire une micro-brasserie et une boulangerie artisanale. »

A travers le monde : plus de 1.800 initiatives de transition dans 45 pays.

■ FRÉDÉRIC DELEPIERRE

2013-11-12 - LE Soir_full_4E_BRUX

 


Puisque vous êtes ici…

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