Trièves en transition, première initiative francophone

Cet été, IsabeTrièves en transitionlle de Soignies en transition est partie dans la région de Trièves où la Transition est déjà bien implémentée. Elle nous fait un petit compte-rendu de sa rencontre improvisée avec Pierre Bertrand, co-fondateur de « Trièves en Transition », la première initiative de Transition francophone (2008 !).

Le Trièves est une région de France située entre Grenoble et Gap. Logé entre le Dévoluy à l’Est, le massif du Vercors à l’Ouest et les Hautes Alpes au Sud, ce plateau de 632 km² compte environ 9500 habitants. Une mosaïque de parcelles de céréales, pâtures, prés de fauche, bois et bosquets couvre ce plateau logé dans un nid d’aigle et parsemé de villages et hameaux à l’architecture particulièrement bien préservée.

Dès ma première rencontre avec le Trièves en 2003, j’y ai découvert une dynamique particulière. Très peu de tourisme, mais de nombreux marchés de producteurs locaux, un modèle agricole à petite échelle, le bio bien implanté (25% des producteurs !), et des habitants amoureux de leur région et décidés à la faire vivre, tant économiquement que culturellement. Cerise sur le gâteau, le centre Terre Vivante s’est implanté dans la région dès les années 90, constituant un appui fort à l’agriculture biologique et attirant une néo-population en recherche de modèles alternatifs. Pas étonnant que le Trièves ait une bonne longueur d’avance dans la Transition. Pierre Bertrand, qui a très gentiment accepté de nous rencontrer, nous explique que très tôt, face à la concurrence de l’agriculture intensive, le Trièves a choisi de valoriser son agriculture par la qualité de ses produits, la transformation locale et le circuit court. 80% des céréales cultivées sont panifiables et les farines du Trièves sont réputées, de nombreux fromages sont produits, souvent directement à la ferme, les animaux sont élevés à l’herbe et au foin, on trouve des moulins et minoteries locaux, beaucoup de maraîchers, de bio, et un circuit court bien développé.

Alors que dans nos Initiatives de Transition, la question de l’alimentation occupe souvent une place prépondérante, le Trièves avait déjà pris de bonnes orientations dans ce domaine. Le rôle de leur projet de Transition a donc été de tisser les liens utiles entre les différents acteurs, de les faire se rencontrer, échanger. Et cela a donné des rencontres et des échanges inattendus et très riches, entre l’agriculteur conventionnel et l’agriculteur bio, entre le monde agricole et non agricole. Les gens se sont parlés, racontés, et des liens se sont tissés, renforçant encore le modèle économique en construction.

Pour fêter toutes les initiatives locales allant dans le sens de la Transition, Trièves en Transition a organisé en 2011 une grande fête de la Transition. Pendant 4 jours, les gens se sont rencontrés, ont montré ce qu’ils faisaient, ont discuté, expliqué, échangé, appris, découvert, construit, partagé leur enthousiasme et rêvé plus loin,… Un beau moyen de mettre en valeur et catalyser les projets existants et d’en susciter de nouveaux.

Actuellement, Trièves en Transition se concentre sur le thème de l’économie locale dans la Transition et met sur pied un projet de coopérative de production d’énergie par la pose de panneaux photovoltaïques sur les toits de bâtiments, à travers le projet des « centrales villageoises du Trièves ». Ils encouragent aussi les citoyens à réduire leurs consommations d’énergie à travers le  « défi des familles à énergie positive » et contribuent à la mise en application des objectifs du plan négawatts dans le Trièves.

Pierre nous parle de l’importance de créer des espaces où les personnes peuvent se rencontrer et échanger, du rôle que la Transition peut jouer, de l’utilité de montrer que d’autres modèles économiques de type coopératif et à finalité sociale ne doivent pas être réservés uniquement aux projets de réinsertion socio-professionnelle mais peuvent tout à fait répondre à nos besoins actuels et nous permettre de recréer une économie locale plus résiliente.

Dans le Trièves, on a la chance d’encore trouver des personnes qui détiennent les savoirs faire d’autrefois : vannerie, poterie, aiguisage et entretien des outils,… En créant des espaces de transmission de ces savoirs faire, en organisant des veillées ou chacun amène « quelque chose à faire  de ses mains», ils diffusent et perpétuent ces savoirs utiles dans un monde moins énergivore.

La redécouverte du Trièves sous le regard de la Transition m’a ouvert les yeux sur cette région qui a su très tôt faire les bons choix, transformer ses faiblesses en atouts et me fait rêver à ce que demain pourrait être chez nous si on réussit à relocaliser une partie de notre économie, à étendre les pratiques agricoles plus respectueuses de l’environnement et des hommes (agroécologie) et à recréer un tissu social fort et porteur.

Pour en savoir un peu plus sur Triève en Transition: voici leur site internet trieves.transitionfrance.com


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