Tour du monde de la Transition – Japon: Un Digital Detox Tour

Cet article a été publié dans le magazine Imagine Demain le monde, dans un dossier réalisé par Laure de Hesselle (numéro 120).

Un peu partout sur la planète, des citoyens se rassemblent pour monter des projets leur offrant plus de convivialité et d’autonomie. Le mouvement de la Transition est en effet présent dans plus de 50 pays. Durant ce mois de juin, nous vous proposons en collaboration avec le magazine Imagine une petite visite, de Séville à Kumamoto en passant par Zagreb ou Sao Paulo, de lieux où se prépare le monde de demain, sans pétrole mais plein de chaleur humaine.
Carte de certaines initiatives de la Transition au Japon

«Avec la catastrophe à Fukushima, explique Shunro Yoshida, beaucoup de personnes ont été déplacées. Elles ont dû changer de vie, changer de communauté, réfléchir à ce qu’elles voulaient faire de leur existence, comment elles voulaient vivre désormais, qui elles voulaient être. » (lire notre dossier en p.20) Des questionnements auxquels le mouvement de la Transition, présent au Japon depuis sept ou huit ans, pouvait apporter des réponses. « Beaucoup de groupes s’intéressent à l’énergie, à la nourriture et à l’agriculture. Aujourd’hui, les monnaies alternatives se développent également. »

L’aspect non hiérarchique des initiatives est ici très apprécié, mais représente aussi un défi dans un pays où prendre une place de leader n’est pas une évidence pour la plupart des gens. « Nous devons nous entraîner et nous apprenons toujours », sourit Shunro. Les projets sont très diversifiés. A Minami Aso, c’est un club de semences qui s’est organisé, permettant la conservation des semences traditionnelles, « alors que 95 % de celles vendues au Japon sont des F1 hybrides » [1] , et facilitant des échanges, des ventes de pousses dans un petit magasin où sont également disponibles les légumes bio des membres fermiers.

A Fujino, c’est tout un ensemble – magasin, restaurant et coopérative de poulets – qui a été autofinancé et rénové par les habitants eux-mêmes.

La carte de la « Buy nothing week » de Kamakura. Les participants y offrent ou échangent biens et services toute une semaine durant.

Des actions aussi sont organisées, comme la Buy Nothing Week de Kamakura, semaine pendant laquelle l’argent n’est pas utilisé. « Une carte avec les lieux participants est disponible. Si vous voulez acquérir quelque chose, vous devez alors l’échanger contre autre chose, un objet ou un service. » Existe aussi un Digital Detox Tour, où l’on vous invite à une balade sans technologie, les yeux et les oreilles grands ouverts. « D’autres mouvements ou associations sont plus dans la parole. La Transition est dans l’action, et nous pouvons être la base d’une résilience », conclut Shunro

 

[1] Dont la récolte des semences d’une saison à l’autre n’est pas conseillée, la seconde génération se dégradant.


Le magazine Imagine Demain le monde est partenaire du Réseau Transition.


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