Rues en transition, Australie

Les citoyens de deux villes australiennes se soutiennent de façons inattendues pour réduire les émissions de CO2, économiser de l’argent et renforcer les liens entre les voisins.

L’idée des Rues en Transition est née à Totnes, Angleterre, où elle a remporté un prix récompensant les projets qui poussent à modifier les comportements. Elle s’est rapidement propagée dans le monde. Il existe maintenant une version américaine et le Réseau Transition en Belgique a créé une version française, utilisée en projet pilote à Ath et qui va bientôt se répandre dans le reste du pays. Soyez prêts !

L’idée émerge également en Italie, France et Suède, ainsi que dans quelques villes du monde. Cette histoire australienne nous emmène dans les coulisses d’un projet de la Transition qui ne cesse de grandir et de se propager.

1000 km séparent Melbourne de Newcastle. Pourtant, les deux villes ont joué un rôle important dans la naissance des Rues en Transition. Transition Newcastle (Nouvelles-Galles du Sud) a entendu parler des Rues en Transition et s’est mis à créer sa propre version, qui s’appelait au départ « défi Rues en Transition », mais le mot « défi » a finalement disparu quand le groupe s’est rendu compte qu’il induisait une certaine concurrence. Leur version des Rues en Transition a été testée et largement approuvée dans 5 rues.

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Transition Newcastle a reçu des financements du conseil municipal pour la mise en page et l’impression de leur version. Le groupe s’est également fait aider par l’administration locale des eaux. Pendant ce temps, à 1000 km de là, à Melbourne (Victoria), un habitant du quartier Kingston a vu le film In Transition 2.0 qui mentionne les Rues en Transition. Inspiré, il s’est procuré une copie de la version de Totnes pour l’adapter au contexte australien. Rapidement, il s’est aperçu que Transition Newcastle avait déjà créé une version locale et s’interrogeait sur la meilleure façon de la diffuser. Cet habitant est de plus entré en contact avec Transition Banyule, à Melbourne, qui s’intéressait aux Rues en Transition. Plutôt que de travailler chacune de leur côté, toutes ces personnes ont décidé de mettre leurs forces en commun pour créer une version australienne. Cette version nationale a vu le jour début 2015 et la collaboration a permis aux deux groupes de s’enrichir mutuellement.

Résultats

Lors de l’évaluation du projet initial à Newcastle, les participants ont estimé avoir progressé dans les domaines suivants :

  1. Compréhension de la durabilité
  2. Motivation à, et connaissance sur la façon de, réduire l’empreinte écologique
  3. Liens avec les voisins
  4. Impression de faire partie d’une société qui tend vers plus de durabilité.
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Le groupe Transition Streets group de The Terrace. Photo: Karen Whitelaw.

Arrivé deuxième au prix des villes durables « 2013 NSW Sustainable City », Transition Newcastle a été largement félicité pour son projet Rues en Transition. De plus, le projet a également eu des retombées auxquelles ils ne s’attendaient pas.

Dans une rue, la relation entre les habitants et la maison des étudiants était légèrement tendue, car les étudiants avaient un rythme de vie différent et leur propre définition de ce qu’est un niveau sonore raisonnable. Rues en Transition les a rassemblés. Rapidement, les habitants ont expliqué se sentir très peu en sécurité en rentrant chez eux le soir étant donné le taux d’agressions et de criminalité dans la rue. Les étudiants ont alors pu jouer un rôle plus actif en veillant sur les habitants, rassurés.

Comme l’écrit un participant : « On se sentait globalement plus en sécurité… Un jour, les étudiants sont sortis en courant pour protéger un voisin qui allait se faire agresser. » C’est le genre d’effet inattendu que peut avoir un projet qui rassemble simplement les voisins autour d’une table, comme la Transition le fait si bien. Le projet s’est étendu à 6 autres rues et devrait continuer à se propager.

« Vous prenez conscience que tout le monde essaie de faire de son mieux avec ce qu’il a. Vous voyez que quelqu’un fait ceci ou cela et vous vous dites “oh, je n’avais pas pensé à faire ça. Je devrais essayer”. » raconte un participant des Rues en Transition, Newcastle.

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Apprendre à faire du pain, avec le groupe Rues en Transition. Photo: Graeme Stuart.

À Banyule, le groupe a envoyé une invitation à leur liste de diffusion et 60 personnes se sont présentées pour en savoir davantage. 58 ont signé pour prendre part à l’expérience. Beaucoup de ces personnes ont fait du porte-à-porte dans leur rue pour éveiller l’intérêt de leurs voisins. Au bout du compte, ils ont décidé qu’il serait plus judicieux de se rassembler, non pas par rue, mais par quartier.

« Les Rues en Transition ont eu un impact non seulement sur les personnes qui s’intéressaient depuis peu à la durabilité, mais aussi sur celles qui militent depuis des années. Beaucoup de rues ont ensuite voulu mener des actions collectives, comme un cinéma alimenté à l’énergie des cyclistes, une vente ambulante, des après-midis cuisine ou la pose d’épouvantails dans une zone commerciale pour promouvoir la production alimentaire locale. »

La vidéo ci-dessus explique que les participants se rencontrent régulièrement pour se consacrer une semaine à l’énergie, la suivante à l’alimentation, la troisième à l’eau, etc. L’idée est partie d’un potager pour les enfants, qui a permis aux familles d’une même rue d’apprendre à se connaître et aux enfants d’avoir des amis à côté de chez eux (les enfants de la même rue vont dans 6 écoles différentes !). Depuis, les voisins sont plus heureux, plus unis et solidaires. Ils réfléchissent ensemble à leur consommation, aidé du carnet des Rues en Transition très complet et facile d’utilisation, et parviennent ensemble à des résultats tangibles et impressionnants. Intéressé ? Le projet se lance bientôt chez nous, en Belgique. N’hésitez pas à nous contacter!

Message pour la COP21 :
« Il est temps. Nous ne pouvons pas laisser nos enfants réagir seuls aux défis du changement climatique. Il est temps de se détourner des intérêts à court terme et de commencer à se concentrer sur les effets à long terme. Il est temps de faire preuve d’une réelle volonté dans notre transition vers un avenir plus durable et sobre en carbone. »
Graeme Stuart, Transition Newcastle

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