Retour sur les besoins des Initiatives en Belgique Francophone

 

Article écrit par Daniela Beltran, stagiaire du Réseau Transition et responsable de la réalisation d’une analyse des besoins auprès des initiatives. Un tout grand merci à elle pour son très bon travail et sa présence bienveillante.

Depuis le début de février 2017, je me suis plongée dans la recherche d’informations sur les Initiatives de Transition inscrites sur le site web de l’ASBL Réseau Transition.

L’objectif principal était d’aller à la rencontre des groupes et des personnes qui investissent de leur temps et leur énergie à construire pierre par pierre la Transition en Belgique ; comprendre leurs attentes, leurs besoins, leurs motivations, mais aussi les découragements qu’ils traversent tout au long de leurs actions. Ceci afin que le Réseau Transition puisse mieux viser ses actions et stratégies en fonction des besoins des groupes.

La première étape de l’analyse a été l’envoi d’un questionnaire informatif aux groupes inscrits sur la carte site web du Réseau. Ce questionnaire reprenait des questions liées à l’initiative elle-même (type de projets en cours, régularité des réunions, liens avec les autres initiatives dans la région…). Vous pouvez retrouver quelques chiffres clés ci-dessous. Ces chiffres sont représentés par un échantillon de 36 Initiatives citoyennes. Ceci équivaut à 51% des groupes inscrits sur la carte du Réseau.

 

 

La suite de cet article vous présente quelques conclusions ressorties à la suite de l’analyse des besoins plus poussée et réalisée auprès d’un échantillon de 19 Initiatives de Transition.

Ceci correspond à 29% du total des Initiatives citoyennes. Cet article fait aussi le lien avec les actions que le Réseau souhaite mettre en place pour mieux répondre aux besoins des groupes pour construire tout ensemble des Initiatives de Transition avec des bases solides et résilientes pour l’avenir.

Les points à travailler

Je voudrais commencer avec les aspects à renforcer et les aspects qui peuvent décourager les membres des Initiatives de Transition et ensuite présenter les aspects  qui provoquent de l’enthousiasme tant pour le Réseau Transition que pour les membres des groupes citoyens.

Lors de l’analyse, 70% des personnes interrogées ont jugé que les liens entre le Réseau et les Initiatives de Transition est faible. L’une des attente primordiale pour les membres des groupes c’est la création de liens, plus de proximité et une communication plus efficace avec le Réseau Transition. Dans leur nouvelle stratégie établie en mai 2017 et pour les 7 prochaines moins, les membres de l’équipe du Réseau ont choisi comme premier axe de travail de Cultiver les liens avec et entre les initiatives de Transition.

Les membres des Initiatives ont également exprimé leurs attentes par rapport à la mise en réseau avec les autres Initiatives de Transition. En effet, la totalité des personnes interrogées a exprimé un intérêt à participer à des rencontres avec les autres groupes. Dans le but de répondre à cette demande, le Réseau souhaite organiser des rencontres régulières entre les Initiatives et également favoriser le partage d’expériences entre les différents groupes (vous avez déjà probablement reçu un petit formulaire à remplir à ce propos).

Un autre aspect très important à renforcer est : la résilience des groupes. En effet, 75% des personnes et groupes interrogés ont qualifié avoir une résilience faible dans leur Initiative. Quelques groupes ont vécu des difficultés puisque certains membres actifs ont quitté le milieu. Pour d’autres, c’est la recherche d’une autre gouvernance qui causait problème. Finalement, la création récente de l’initiative pouvait représenter une autre complexité dans les groupes. En conséquence, le Réseau Transition a stratégiquement choisi de viser un changement en profondeur plutôt qu’en largeur. Cette pratique signifie offrir un support et des outils concrets pour que les groupes déjà en place puissent aller plus loin dans leurs projets et dans leur organisation. En effet, plus les Initiatives de Transition existantes seront fortes, résilientes, avec des projets toujours plus inspirants et positifs, plus le mouvement de la Transition évoluera  en Belgique!

Parlons maintenant des aspects qui découragent les membres des Initiatives. De manière générale, les aspects internes sont le manque d’énergie, de disponibilités et également les facteurs liés à la gouvernance et la prise de décision qui découragent les personnes vis-à-vis de l’énergie et du temps qu’ils passent dessus. D’autre part, les aspects externes sont la difficulté de toucher un public jeune et le manque de persistance des personnes qui disent être intéressés de s’investir.

Il y a ensuite les facteurs qui pourraient amener les gens à arrêter leur implication. On y retrouve également des aspects internes tels que les tensions au sein du groupe et le départ des personnes. Puis, des aspects externes tels que: la prise de nouveaux engagements, un déménagement et le manque de temps et d’énergie. Le Réseau reste attentif à tous ces aspects internes qui affectent les membres des groupes afin d’offrir un support et des formations qui répondent à ces types de difficultés.

Les points forts

C’est également important de souligner les aspects positifs, comme des « trampolines d’encouragements » pour la suite de l’aventure. Il y a aussi des aspects que les personnes interrogées ont qualifiés de « bien » et « très bien » lors de l’analyse.

Les outils pratiques tels que les informations sur le  site internet du Réseau, la carte des initiatives et les formations ont été jugées très utiles par les membres des groupes. Cependant, une meilleure visibilité des outils sur le site web a été recommandée. Les membres de l’ASBL travaillent sur un nouveau site internet, encore plus visible, plus pratique pour faciliter l’accès à tous les outils. Cette restructuration du site se fait en lien avec la publication en ligne du Guide essentiel de la transition.

Un aspect très encourageant est le fait que 84% des membres des groupes pilotes interrogés  ont estimé voir le groupe très motivé pour la suite. Mais quelle est la motivation des membres des Initiatives à s’investir ?  Les raisons qui « tirent » les initiatives vers le haut sont : le fait d’agir, d’être dans l’action, les rencontres, la bonne ambiance entre les membres de l’équipe, la création des liens dans un monde où l’on n’a plus le temps, le sentiment d’être là où il « faut » ou encore voir l’évolution du mouvement.

En conclusion

Après cette analyse, j’ai conclu que les grands besoins des Initiatives de Transition en quelques mots sont d’une part des outils qui aident les personnes à trouver une réponse concrète sur lesquels s’appuyer  lors des différentes étapes de l’initiative. Et d’autre part, les membres des groupes ont besoin de créer des liens, car ça leur permet d’avoir un sentiment d’être reliés à un mouvement beaucoup plus vaste, c’est quelque chose d’encourageant et de rassurant pour les personnes. Et pour finir, le besoin de soigner les relations entre les membres, la bonne entente et la bonne humeur sont primordiaux pour les groupes. Tous ces besoins ont nourri la nouvelle stratégie d’action du Réseau Transition pour la fin 2017 et nous vous remercions pour cela. Je vous invite également à partager vos expériences, vos anecdotes encourageantes, les « chocs » surmontés par votre groupe, etc., car tout ce que votre initiative vit nourrit le mouvement de la Transition d’ici et d’ailleurs. Merci à tous ceux qui ont participé à cette analyse.

Que viva la Transición!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *