L’économie, un outil pour répondre à nos besoins.

Cet article a été écrit par Mayliss François, membre de l’équipe du Réseau Transition et inspiré par la formation « Beautiful Economics » donnée par Ines Aponte en novembre 2017.

L’économie au fond, qu’est ce que c’est ?

« L’économie », un mot qui peut en repousser plus d’un et qui rebutent plus particulièrement ces engagés de la Transition, ces militants pour un autre système, à l’opposé de dérives de cette économie. Le système capitaliste actuel et plus particulièrement ses dérives comme la financiarisation des échanges ont créé une méfiance importante de la part de nombreux militants envers l’économie.

Or l’économie est un outil indéniable pour changer nos vies et nous serions bien avisés de nous en servir!

L’économie, une question uniquement d’argent?

A l’origine, le mot « économie » veut dire « gestion du foyer » et une bonne économie signifiait la bonne gestion de son foyer et l’assurance que les besoins de chacun de ses membres soient satisfaits. L’économie est un élément essentiel de la vie en société, elle permet les échanges et crée le tissu de la société. L’argent est un moyen d’échanger des biens et services y compris avec des personnes étrangères à nous et un élément de l’économie.

Dans le mouvement de la Transition, le volet Reconomie se penche sur comment assurer le rôle premier de l’économie : répondre à nos besoins de manière plus résiliente et plus juste pour la planète et ses habitants.

Nos besoins selon Max-Neef :

Plusieurs sociologues, philosophes et autres chercheurs des sociétés humaines se sont penchés sur la théorie des besoins.

Un  penseur s’étant penché sur la question est Manfred Max-Neef , auteur de  «The barefoot economist ». Cet économiste chilien repense les théories du développement auprès de populations dites pauvres d’Amérique Latine. Max-Neef est un théoricien du Human Scale Developpement qui a pour ligne de conduite de « satisfaire nos besoins sans mettre en péril nos autres besoins, les besoins d’autrui et les besoins de notre planète ».

Pour Max-Neef, nous n’avons que 9 besoins qui sont similaires à toutes les cultures humaines. Ces besoins ne sont pas hiérarchisés (contrairement à la théorie plus connues de Maslow) et devraient être tous comblés pour faire de nous des humains heureux.

une illustration des besoins humains selon M Max-Neef

Ce sont :

  • La subsistance,
  • la participation,
  • l’affection,
  • la protection,
  • la liberté,
  • l’identité,
  • la compréhension,
  • la créativité,
  • l’oisiveté.

A ces besoins, nous pouvons rajouter une condition indispensable à leur réalisation : une planète vivante !

Selon Max-Neef, il n’existerait que ces 9 besoins, tous les autres éléments ne sont que des moyens de combler ses besoins.

Par exemple : le fait d’avoir accès à de la nourriture est un moyen de combler notre besoin de subsistance.

Ce qui diffère selon les cultures, ce ne sont pas les besoins mais bien les stratégies pour les combler.

En effet, certains moyens  peuvent mettre en danger d’autres besoins (cela peut être le cas quand nous cherchons à nous protéger en votant des lois limitant nos libertés) ou seulement faire croire qu’il comble le besoin visé ( c’est le cas notamment de la fastfood).

La notion de « livelihoods »

Si l’économie a pour rôle de répondre aux besoins tels que décrit ci-dessus. il  y a une notion utilisée en anglais fort utile (mais que je n’ai pas encore pu traduire de manière satisfaisante) : « Livelihoods ».

Ce concept peut être défini comme » un ensemble d’activités et de ressources qui permettent à une personne de répondre à ses besoins et ceux de ses proches. »

Cet ensemble d’activités peut donc dépasser de bien loin l’emploi rémunéré de la personne et inclure d’autres activités comme la création de son potager (pour répondre au besoin de subsistance) ou l’engagement dans un groupe bénévole ( pour répondre, entre autre, aux besoins de participation et d’identité).

Des projets pour changer d’économie en profondeur

Ils sont donc nombreux les projets de Transition qui vont dans le sens de la création de « livelihoods » pour tous.

Dans ces esprits, voici quelques exemples de projets économiques et de création de « livelihoods » :

  • Ceux qui viennent directement à l’esprit sont les projets de création d’entreprises comme illustrées dans le TOP 20 mais aussi par les nombreux projets d’épicerie collaborative, de projets d’économie circulaire et autres émergeant des initiatives de Transition.
  • Mais il y aussi les projets qui promeuvent d’autres moyens d’échanger des biens et services comme les Services d’Echanges Locaux et les monnaies complémentaires.
  • D’autres projets s’attachent à questionner nos stratégies pour combler nos besoins et créer nos stratégies de vie. C’est le cas du parcours One year In transition organisé jusqu’en 2018 en Angleterre mais aussi des formations offertes par notre partenaire en Belgique Declic en PerspectivES ou de l’approche de l’ASBL Graine de Soi qui s’attachent à guider les jeunes dans un monde en transition


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