Interview de Szymon Zareba – Gesves en Transition, le début de l’aventure

Dans cette interview réalisée en janvier 2016 durant l’AG du Réseau Transition, nous avons donné la parole à Szymon Zareba de Gesves en Transition.  Szymon nous parle de la genèse et des rêves de cette toute jeune initiative qui génère déjà pas mal d’enthousiasme à Gesves.

L’entretien vidéo complet est disponible à la fin de cet article.Interview Szymon Zareba

Pour ma première question, je suis intéressé de savoir comment vous avez lancé Gesves en Transition.

Gesves en Transition (GeT) est une initiative très récente, créée il y a quelques mois seulement. Le projet a démarré à partir d’un cercle d’amis et de connaissances. Une série des personnes qui sont actuellement dans le noyau se connaissaient donc au préalable. Beaucoup d’entre eux se sont recontrés tout simplement à l’unique école du village de Faux-les-Tombes, dans la commune de Gesves. Des amitiés se sont créées et à force de discussion sur des thématiques liées à la Transition, sujet qui nous intéressait tous, nous avons franchi le pas et décidé de lancer la chose. Cela s’est passé vers le mois de juin 2015.

Szymon ZarebaC’est lors d’une réunion du SEL qui englobe Gesves et ses communes limitrophes que s’est manifestée publiquement l’idée de lancer une Initiative de Transition.  Nous nous sommes revus 2-3 fois de manière informelle pour aller plus loin et nous avons demandé au Réseau Transition d’organiser une formation. Parmi toutes les formations proposées par le Réseau,  nous étions intéressés par la Formation « Lancer une initiative de Transition » . Nous l’avons suivie au début du mois de novembre 2015 avec Vincent Wattelet. C’était réellement un premier pas important pour le lancement de notre initiative, et ça a vraiment très bien fonctionné. Comme on était assez nombreux à Gesves à faire cette demande, la formation a pu se faire chez nous. Des personnes d’autres villages voisins et de Namur en ont également profité. De la commune, nous étions dix et de ce groupe là, huit se sont proposés pour constituer un premier noyau et jeter les bases de l’initiative. Il s’agissait de gérer cette première dynamique: les premières idées, les premiers projets, la charte, etc.

Vous avez donc maintenant huit personnes actives dans le noyau…

Tout à fait. Par rapport à d’autres, on a vraiment cette chance là. Avec pas mal de gens qui nous contactent, on ressent une motivation assez grande dans la commune.

Par exemple, lors du week-end de formation avec Vincent, le samedi soir, on a imaginé faire la projection d’un film et ainsi déjà présenter l’initiative à un groupe plus large. Si je me souviens bien, il y avait 38 ou 39 personnes qui sont venues. Pour une petite commune rurale, c’est vraiment pas mal, on était très contents.

La question est presque de savoir comment gérer tout cet enthousiasme qui est déjà là: « Moi, je voudrais faire ceci” …“Et moi je voudrais faire cela » . Attendez, on va d’abord voir comment on va fonctionner et un peu réfléchir sur notre mode de gouvernance.
A la fois, il ne faut pas perdre cet enthousiasme. En même temps, on peut aussi un peu se poser et voir comment on va avancer pour ne pas non plus s’affoler. Actuellement, on est donc plutôt là-dedans. Ça n’est pas un problème, mais ce sont les questions autour desquelles on discute actuellement.

Concrètement, sur Gesves, quels seraient les premiers projets que vous comptez lancer ?

Il y a plusieurs projets qui commencent à être réfléchis au sein de ce petit groupe de 8-10 personnes.

Un premier projet projet sur le travail de la laine est venu d’une ou deux personnes faisant partie du groupe noyau. Sur notre commune, il y a énormément d’élevages, dont un certain nombres pour lesquels on n’utilise pas la laine qui est de toute façon tondue. L’idée est donc de récupérer cette laine et de revoir toute la filière, jusqu’à la réalisation de pulls et d’autres produits finis. Il y a vraiment beaucoup de moutons – il y a je pense plus de moutons que d’habitants. On en est au début de ce projet; une personne est vraiment motrice dans cette thématique et plusieurs personnes tricotent déjà. La nouveauté est vraiment de travailler sur toute la filière de la laine: apprendre à la laver, la tisser, la teindre peut-être, etc.

GesvesUn autre projet vise à réfléchir à l’intégration de GeT au sein de toutes les initiatives à Gesves, car il y a déjà vraiment pas mal de choses qui se font – si pas dans la commune, en tous cas à l’échelle du GAL qui lui reprend trois communes (Gesves, Ohey et Assesse). Ça n’est pas un projet en tant que tel, mais une réflexion importante que l’on doit avoir, pour ne pas qu’il y ait de la concurrence ou de la récupération mais plutôt de la vraie collaboration.

Un autre nouveau projet qui démarre est lié à un verger conservatoire composé de beaucoup d’arbres qui ne sont pas entretenus régulièrement. Il y a un travail de taille, de récolte de fruits, de transformation (confitures, etc.). A nouveau, il s’agit donc de refaire toute la filière.

Nous avons aussi un projet plus classique: il s’agit de la mise en commun de la production de potagers. En effet, habitant Gesves, nous avons beaucoup d’espace et la plupart d’entre nous ont donc des potagers. Cette mise en commun permet d’éviter de se retrouver tout à coup avec un grand nombre de courgettes, par exemple. On vise donc une gestion plus large de tous nos potagers.

Finalement, nous allons présenter dans quelques jours notre charte à un groupe plus large, à savoir les 40 personnes qui étaient venues à la projection et sans doute d’autres aussi, pour faire ré-émerger d’autres projets, pour lancer d’autres cercles. C’est vraiment le tout tout début, c’est juste ce qui sort de ce petit groupe-là, qu’on espère élargir à d’autres.

Comme dernière question, pourrais-tu nous expliquer ce qui t’a marqué à la formation « Lancer et développer son Initiative de Transition » ? Quels éléments mettrais-tu en avant si tu devais conseiller à d’autres personnes de suivre cette formation, ou pourquoi pas l’organiser chez elles ?

La première chose, c’est vraiment l’excellence de Vincent, et je ne dis pas ça du tout pour jeter des fleurs à tout azimut. La construction de la formation est très bien pensée, sa manière de travailler, ce qu’il apporte en terme de dynamique de groupe est vraiment génial. C’est vraiment très impressionnant, ça marche très bien.

Il y a également toute une manière d’ « être au groupe » qui est intéressante, surtout pour des gens qui comme dans notre cas, étaient ceux qui allaient lancer l’initiative. Ça a vraiment créé une cohésion assez forte, une dynamique de groupe importante qui est essentielle pour lancer une initiative. 

Dans la formation, après ce travail sur l’énergie du groupe, il y a tout un volet sur le contenu plus large (pourquoi la Transition, comment développer la résilience, etc.) et finalement beaucoup de petits trucs et astuces très pratico-pratiques sur ce qui marche dans telle initiative, ce qui a foiré dans telle autre initiative, sur certains travers à éviter et qui sont vraiment intéressants. On s’est rendus compte qu’on en tient vraiment compte à GeT et ces conseils semblent fonctionner !

Merci Szymon pour ce partage qui inspirera pas mal de nouvelles initiatives, j’en suis certain !

Vidéo de l’interview


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2 thoughts on “Interview de Szymon Zareba – Gesves en Transition, le début de l’aventure

  • 2 mars 2016 at 09:27
    Permalink

    Agenda trop rempli pour le moment (moment donc impertinence transition vers plus de temps « libre ») m’a empêchée de participer à la réunion de lundi. Ai lu la charte, adhère au projet, actuellement de loin, mais promesse de plus d’implication à partir de la fin de l’été. A bientôt. Michèle Visart

    Reply
  • 2 mars 2016 at 10:25
    Permalink

    Bonjour Michèle,
    je te remercie pour ces quelques mots.
    Je comprends parfaitement, on peut en parler quand tu veux.
    Au plaisir.

    Reply

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