Créer un groupe local de transition intérieure

Le Cercle de transition intérieure du Réseau transition a pour raison d’être de veiller à l’intégration et au développement de l’axe transition intérieure au sein du réseau et des initiatives. Il s’attache à ce que des personnes et des groupes soient reliés et formés à accueillir les états psychiques des transitionneurs liés aux temps présents et aux activités qu’ils mènent, pour éviter qu’ils ne s’épuisent. Quelques groupes locaux de transition intérieure existent déjà.

Et, dans le cadre de ses missions, la Cercle vous offre une aide si vous souhaitez mettre en place un groupe local de transition intérieure.

Des formations à la transition intérieure organisées régulièrement, à découvrir sur : https://www.reseautransition.be/formation/les-formations-proposees/transition-interieure/

Un accompagnement sur demande (contacts régionaux possibles).
Personne de contact : Thomas ou Geoffrey.

CREER UN GROUPE DE TRANSITION INTERIEURE?
PAS DE RECETTE MAIS QUELQUES REPERES…

(Nathalie Grosjean)

Intro

Mettre plus d’attention sur les dimensions intérieures de la transition n’implique pas nécessairement de créer un groupe de transition intérieure. En effet même si cela peut être une façon de s’assurer de prendre soin régulièrement de ces enjeux pour soi et les groupes et de créer un espace de pratiques en commun, il y a d’autres façons de mettre plus de « transition intérieure » sur son chemin de transition.
Si l’élan n’est pas là, cela peut être également très bénéfique d’introduire des dimensions (et pratiques) liées à l’intériorité dans les rencontres des groupes existants même si leur raison d’être est davantage liée à la transition « extérieure » (par exemple, proposer des météos, des temps de régulation, des temps d’expression des découragements et autres émotions éventuellement inconfortables (ex : chapeau rouge), des temps conviviaux qui nourrissent les liens, des temps de célébrations qui soutiennent et entretiennent la motivation…).
Si l’élan de créer un groupe est là, quelques repères peuvent être utiles pour se lancer.

Accueillir l’élan et se regrouper

Si l’élan de créer un groupe est présent, cela peut être intéressant de trouver une deuxième personne avec qui « rêver » ce projet. S’il est précieux de s’accorder sur l’intention générale, il peut être important de ne pas aller trop loin dans la définition des « comment faire » envisagés pour les pratiques de ce groupe afin de pouvoir co-construire aussi avec les futurs participants.

Clarifier l’intention

Le concept de transition intérieure couvre des enjeux tellement vastes qu’il ne serait pas surprenant de constater que les attentes pour ce groupe sont assez différentes selon les personnes qui le rêvent. Il peut être utile de préciser les « enjeux de base » auxquels une attention sera donnée et puis clarifier aussi « jusqu’où l’on va », notamment pour ce qui peut concerner les questions psychologie/spiritualité. L’écriture d’une charte permettra de s’offrir un cadre sécurisé pour évoluer au sein de ce groupe.

Communiquer – Inviter à une première rencontre

Quand le « noyau » initiateur est prêt à se lancer, il s’agit de « trouver les mots » qui permettent d’inviter les personnes intéressées à venir à une première rencontre.

Poser le cadre

La première rencontre est l’occasion de faire connaissance, de poser le cadre, de vivre une première pratique. La personne qui anime est invitée à poser des règles et à tenir ses propositions de pratiques jusqu’au bout de la rencontre et de prévoir ensuite une évaluation. Après une ou deux rencontres, une charte peut être élaborée ensemble. Il s’agira par exemple de définir une fréquence de rencontre, un nombre de participants maximum, de définir des formes variées…

Définir des pratiques

Selon les enjeux et priorités fixées par le groupe et selon les profils des participants, les pratiques proposées pourront varier. Ecopsychologie, travail qui relie, pleine conscience, art-thérapie, pratiques de connaissance de soi etc… pourront largement inspirer les idées de processus et pratiques. Toutefois, selon que les participants auront ou non déjà cheminé dans ces pratiques de reliance, les « animateurs » pourront adapter les propositions en tenant compte des « sorties » de zone de confort pour les accompagner avec encouragement et bienveillance.

Animer le processus

Il parfois difficile d’oser se lancer dans la création d’un groupe. L’élan et l’envie sont là mais le doute est là aussi quant au fait de se sentir légitime pour animer un tel processus. Il est toujours possible de solliciter le réseau et notamment des membres du Cercle Transition Intérieure pour un soutien au moment de la création, au moment des premières étapes d’animation ou plus tard dans le processus en fonction des besoins.
Ecouter et faire confiance aux intuitions du « noyau créateur » pour commencer l’animation et tenir les propositions. Le leadership est une énergie nécessaire dans un groupe surtout au moment de sa création. Il est normal que les participants attendent de vous d’assumer ce leadership lors des premières rencontres. Ce qui ne vous empêche pas d’être un leader coopératif à l’écoute des besoins et des ressources du groupe. Restez à l’écoute ensuite et créez des espaces d’expression pour un pilotage dynamique et un fonctionnement « organique ». Voir ce groupe de transition intérieure comme un organisme vivant que l’on écoute et dont on prend soin.

Prévoir un calendrier

Fermer le groupe quand il est « complet » pour rester dans une dimension adaptée et prévoir une période durant laquelle il n’y a pas de nouvelle inclusion sont aussi très utiles pour renforcer une membrane soutenante d’un processus en « cycle ».

Préciser et gérer les inclusions-sorties-exclusions

Dans la rédaction d’un cadre de sécurité, d’une charte, il est essentiel de prévoir des procédures d’inclusion, de sortie et d’exclusion.
S’il est relativement aisé de se lancer dans la rédaction de modalités pour accueillir et intégrer des nouveaux membres et des modalités pour les célébrer et les remercier lorsqu’ils choisissent de partir, il est plus délicat de prévoir des modalités d’exclusion. Au nom de valeurs d’ouverture et d’inclusion, cette question est relativement taboue. Cela s’avère pourtant essentiel de travailler cet enjeu. Parce que se pencher sur cette question va peut-être justement permettre de ne jamais avoir à s’en servir.
Se pencher sur cette question implique de mettre en place des conditions de communication authentique au sein du groupe (formuler des critiques et demandes avec clarté et respect : voir par exemple les processus de Communication Non Violente). S’entraîner à une communication authentique et bienveillante où l’on ose s’offrir des moments de métacommunication, de régulation contribue à prévenir l’apparition de conflits, à réguler des tensions. Débusquer les situations où une personne est « rejetée » parce qu’elle n’est pas « comme les autres » parce qu’elle ne se conforme pas à la majorité nous permet de limiter les risques de stigmatisation qui mènerait alors à une forme d’exclusion « abusive ». Il est alors possible de désamorcer les tensions liées à des visions différentes pour tenter de tendre vers une intégration des richesses de chacun. Il se peut que malgré les efforts faits pour communiquer et fluidifier les relations, une personne adopte de façon récurrente des comportements qui nuisent au bon déroulement des rencontres du groupe. Le fait d’avoir prévu en amont une procédure d’exclusion sera alors très utile pour « protéger » le « NOUS » face à un « JE » devenu inadéquat.

QUELQUES CONSEILS

Principes d’animation d’un Cercle :

  • Rôles : Facilitateur/ animateur (obligatoire), et éventuellement Gardien du temps, Gardien du Coeur.
  • La personne qui tient le rôle d’Animateur/ facilitateur d’une occurrence d’un Cercle est définie au moins 2 semaines à l’avance par les Organisateurs, de préférence sur base de rôle tournant, et d’auto-proposition spontanée.
  • Cet Animateur/ facilitateur est responsable entièrement du bon déroulement du Cercle ainsi que de son organisation :
    • il prend les inscriptions (tout public a priori), répond aux besoins exprimés (confirmation, questions, etc.)
    • il définit le lieu et l’heure de début et fin du Cercle (le cas échéant avec les hôtes), la durée standard étant de 2 heures (19h30-21h30 en semaine par exemple)
    • il accueille les participants
    • il peut décider de déléguer une partie de l’animation à un autre Organisateur, ainsi que de déléguer ou pas les rôles de Gardiens du temps et du Coeur
  • Toutes les techniques de méditation, développement personnel, psychologie, écopsychologie et écospiritualité (liste non exhaustive) peuvent être utilisées, tant qu’elle sont amenées dans un contexte spécifique de transition intérieure, et avec une intention correspondant à la raison d’être du Cercle.
  • L’Animateur/ facilitateur est tenu de rappeler la membrane de sécurité pour les participants aux Cercles :
    • confidentialité (aucune parole ne peut sortir du Cercle sans l’approbation explicite de son auteur)
    • respect de chacun, et de la parole des autres (ne pas ‘couper’ quelqu’un)
    • respect des temps de parole, du mode de distribution de celle-ci (tournante, libre, bâton de parole, …)
    • expression en ‘je’ (non-jugement)
    • souveraineté (rester à l’écoute de ses propres besoins – aucune obligation de participer à un exercice si on sent que ce n’est pas correct)

Proposition de structure d’une réunion de Cercle :

  • Bienvenue et centrage (1 minute)
  • Météo d’entrée
    1 à 2 minutes par personne.
    Chacun : nom + comment je me sens ici et maintenant.
    Permet de faire une coupure mentale et émotionnelle avec la journée écoulée, et d’informer les autres de son état.
  • Explication sur la transition intérieure + réponse aux questions (s’il y en a)
  • Explications de la membrane
    Confidentialité, parler en “je”, laisser l’autre terminer par un “j’ai dit”, souveraineté, cadre du lieu, respect du timing.
  • Présentation personnelle de chacun s’il y a des nouveaux
    Version courte (1 minute)
    En option : chacun répond à une question plus précise en lien avec la thématique du jour.
  • Méditation d’ouverture (optionnel)
  • … (atelier proprement dit)
    Il est préférable de toujours laisser un moment de parole libre, lors duquel chaque participant peut déposer son vécu émotionnel. Il peut aussi s’agir exclusivement de cette pratique principale.
    Exemples d’ateliers : méditation guidée, éco-rituel en forêt, marche consciente, mindfulness, exercice personnel / par 2 / en groupe d’augmentation de la résilience, discussion thématique (reliance à la nature, pardon, …), outils (Ho’oponopono, tapping, cohérence cardiaque,…); etc.
  • Clôture
  • Météo de sortie

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