Collecte de l’eau de pluie à São Paulo, Brésil

Les habitants de deux quartiers très différents, confrontés à la plus grande sécheresse jamais enregistrée, ont appris ensemble à récolter, filtrer et stocker sans risque l’eau de pluie. Une histoire qui prend un sens plus important encore depuis la catastrophe environnementale qui frappe le Brésil en ce moment.

São Paulo souffre chroniquement de pénurie d’eau, ce que certains appellent « l’effondrement hydrique », et vient de connaître trois années consécutives de précipitations faibles, 2014 étant une année de sécheresse exceptionnelle. À cela s’ajoute le problème de la déforestation autour de la ville. Lorsqu’il pleut, de violents torrents se forment, dévalent les pentes sans alimenter les réservoirs et engendrent de nombreux autres problèmes. La vie des habitants de la ville est devenue extrêmement difficile. D’un côté, Brasilândia, un quartier de favelas (bidonvilles), de l’autre, Granja Viana, un quartier de classe moyenne/supérieure, deux quartiers que tout oppose à São Paulo (environ 12 millions d’habitants) et qui abritent pourtant deux initiatives sœurs de la Transition.

Isabela de Menezes de Transition Granja Viana (TGV) nous explique que le partenariat avec Brasilândia a commencé lorsque le groupe s’est intéressé aux événements de trocs de TGV dans le but d’en organiser un à leur tour. Les habitants de Brasilândia possédant peu de biens matériels ont alors fait preuve d’imagination et ont décidé d’offrir des services contre des biens. Par exemple, un massage contre quelques semis.

En juillet 2014, alors que le Brésil commençait à se remettre de la Coupe du monde, beaucoup de personnes (auxquelles la presse traditionnelle s’est peu intéressée) se sont mises à parler de l’urgence de trouver une solution à la pénurie d’eau imminente. Isabela a donc pris l’initiative d’essayer de sensibiliser ses voisins à la crise et de parler avec eux du stockage de l’eau de pluie.

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Elle s’est heurtée à de nombreuses difficultés car, dans son quartier, beaucoup de foyers sont déjà équipés de citernes et ne s’inquiètent pas outre mesure de la crise qui se profile. Mais elle avait la ferme intention de faire changer les habitudes, convaincue que l’eau potable est une ressource limitée et vulnérable et qu’il vaut mieux utiliser l’eau de pluie pour les activités qui ne nécessitent pas d’eau pure comme le nettoyage des sols ou l’arrosage les plantes,…

À Brasilândia, la réalité est bien différente. Les habitants doivent parfois vivre 10 jours consécutifs sans eau potable. Dans les favelas, peu de maisons sont équipées d’infrastructures de stockage de l’eau. Les gens ne disposent que de l’eau du robinet, et si elle ne coule plus, ils se débrouillent sans. Par conséquent, de nombreux habitants ont pris les choses en main et construit leurs propres systèmes de récolte d’eau. Malheureusement, cette eau n’était pas filtrée ou les citernes n’étaient pas fermées correctement. Beaucoup sont alors tombés très malades et ont attrapé la dingue ou d’autres maladies.

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Pour Isabela, il était temps d’agir, d’organiser des ateliers. Les deux premiers, lancés en novembre 2014 à Granja Viana et à Brasilândia, étaient dirigés par le Professeur Edison Urbano, inventeur d’un système qui permet de filtrer et stocker correctement l’eau de pluie en provenance du toit. Rapidement, le mari d’Isabela, Guilherme, a appris à assembler ces systèmes et a commencé à aider ses amis et ses voisins, en plus de prendre part aux ateliers.

Message pour la COP21 :
« Notre message principal est que l’eau tombe du ciel et est GRATUITE. Il est triste qu’un pays n’utilise pas ses propres ressources. Nous voudrions montrer que les familles pauvres et celles des classes moyennes et supérieures peuvent apprendre ensemble l’importance de cette ressource et l’utiliser de façon positive. Ces solutions sont belles et créatives. »
Isabela de Menezes, Transition Granja Viana

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